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13Sep
Actualité

Peut-on rouvrir la même entreprise après une liquidation ?

Votre société est mise en liquidation judiciaire. Pouvez-vous en créer une nouvelle pour exercer la même activité sans risquer d’être accusé de commettre un détournement d’actif ?

 

Le risque est d'être accusé de détournement d’actif

Un délit après la cessation des paiements. Pour la Cour de cassation, il s’agit de tout acte de disposition volontaire accompli sur un élément du patrimoine du débiteur après la cessation des paiements, en fraude des droits des créanciers qui se voient privés de leur gage.

Le détournement de l’actif d’une société consiste à transférer illégalement, de manière directe ou indirecte, un bien du patrimoine de l’entreprise à celui d’une autre personne. Il peut porter sur de la trésorerie, concerner tout actif de l’entreprise et se réaliser de plusieurs manières. Par exemple, les juges ont considéré qu’il y avait détournement d’actif en cas : de vente de stocks à des entreprises insolvables ; d’apport de l’actif à une autre société fictive ; de détournement de sommes ; de détournement de marchandises ; de vente de matériel à un prix inférieur à sa valeur réelle de paiement sans facture ; de détournement de clientèle ; de détournement du fonds de commerce, ...

Il y a détournement de clientèle, élément essentiel du fonds de commerce, si quelques semaines seulement avant la liquidation judiciaire, le dirigeant crée une nouvelle société ayant une activité identique à la première et dont les publicités font apparaître explicitement son nom. Ce détournement contribue en effet à l’insuffisance d’actif en accélérant, par la perte progressive de la clientèle au profit de la nouvelle société, la détérioration de la situation très obérée de la société en liquidation.

Le dirigeant d’une société en redressement ou en liquidation judiciaire qui a détourné tout ou partie de l’actif peut être mis en faillite personnelle ou faire l’objet d’une interdiction de gérer. De plus, il peut être condamné pénalement pour délit de banqueroute (cinq ans d’emprisonnement, 75 000 € d’amende, privation des droits civiques, interdictions d’émettre des chèques, ...) ; et patrimonialement au comblement de passif suite à l’action en responsabilité pour insuffisance d’actif.

Peut-on créer une entreprise similaire ?

Possible : aucune sanction n’a été prononcée contre le dirigeant d’une société exerçant une activité générale de bâtiment qui, quelques jours après la mise en liquidation judiciaire de celle-ci, s’était immatriculé au registre des métiers et avait créé une nouvelle entreprise en nom propre pour exercer une activité semblable. Pour les juges, de telles circonstances sont insuffisantes pour caractériser le détournement à son profit du fonds de commerce de la société liquidée (CA Paris 24.03.2016 n° 15/14227) .

Mais prudence :  quand c’est possible, il est toujours utile de demander son avis au mandataire liquidateur avant toute opération. Tant que la procédure de liquidation judiciaire n’est pas terminée, il est impossible de savoir avec certitude quelles sanctions éventuelles seront éventuellement retenues contre l’ancien chef d’entreprise. L’interdiction de gérer peut durer cinq ans, De plus, une action judiciaire contre un ancien dirigeant peut être intentée jusqu’à trois ans après la date de la liquidation judiciaire !

Conseil. Dès lors, la prudence commande de choisir de reprendre l’activité après la liquidation, plutôt sous une forme indépendante. L’ancien dirigeant peut aussi intervenir en tant que salarié dans une société nouvelle dont il ne sera alors le dirigeant ni de droit ni de fait.

 

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